Soyons clairs : la relation entre les deux pays est prise au piège d’instrumentalisations obscures sur les deux rives de la Méditerranée. De ce côté-ci, la droite extrême et l’extrême droite se déchaînent, ressassent de vieilles haines recuites, rejouent la guerre d’Algérie en se vautrant dans une nostalgie colonialiste d’un autre âge. Leurs relais médiatiques soufflent sur les braises et poussent à l’affrontement, pour mieux désigner les Algériens de France et les Franco-Algériens comme des ennemis de l’intérieur, une cinquième colonne à combattre sans merci.
Place Beauvau, Bruno Retailleau, tout à ses ambitions présidentielles, orchestre cette détestable campagne. Dans sa mystique de Vendéen traditionaliste habité par une insurmontable obsession migratoire, l’Algérie doit être l’un de ces « cercles de feu » qui cerneraient la France. À l’Élysée, Emmanuel Macron tergiverse, jouant tout à tour la carte de l’apaisement puis celle des représailles. Au Quai d’Orsay, le malheureux Jean-Noël Barrot, récemment dépêché sans succès à Alger, ne sait plus sur quel pied danser.
Cette escalade doit être stoppée de toute urgence. Aucun des deux pays n’a intérêt à un tel conflit. Sur les plans économique, humain, culturel, les destins de la France et de l’Algérie sont inextricablement liés. L’enjeu est existentiel : il ne peut pas être laissé aux mains d’extrémistes, d’irresponsables dont les choix opportunistes ne servent ni le peuple algérien, ni le peuple français.
source : humanite.fr