64 ans depuis la fin de la guerre d’Algérie, un bilan humain terrible

Communiqué du 19 mars 2026 de l’ACCA

Cinq à six cent mille Algériens sont morts, parmi lesquels nombre de femmes et d’enfants. Du côté français, près de 30 000 hommes, des jeunes appelés pour la plupart, sont tombés. A ces chiffres terribles, il faut ajouter le nombre des blessés, souvent handicapés à vie, et celui, incalculable, des victimes dans les deux camps, marquées pour toujours par ce qu’elles ont vécu et ne peuvent oublier.
L’ACCA rend hommage à TOUTES ces victimes.

La guerre engagée par l’Etat français, à partir de 1954, pour tenter d’endiguer le soulèvement du peuple algérien en vue d’obtenir son indépendance ne fut jamais celle de l’ensemble du peuple français contre le peuple algérien.
Malgré la propagande gouvernementale qui présentait la répression comme une série d’opérations de maintien de l’ordre, l’opposition à la guerre, la volonté de PAIX, la solidarité avec le peuple algérien se manifestèrent dès le début et ne cessèrent de s’amplifier tout au long des sept longues années pendant lesquelles cette guerre se prolongea.
Dès le début, des voix se sont élevées en France, largement relayées à l’étranger, contre les méthodes employées par le pouvoir colonialiste envers les patriotes algériens (tortures, assassinats, disparitions, emprisonnements...).
Malgré la censure, la vérité sur ce qui se passait en Algérie finit par être connue de très nombreux français. Des actions de solidarité se multiplièrent avec les syndicats, les actions des dockers CGT, des partis politiques, Le journal l’humanité censuré, le Secours Populaire, des jeunes, appelés sous les drapeaux, refusèrent de participer à cette guerre contre un peuple en lutte pour sa liberté. Parmi ces jeunes, plusieurs furent emprisonnés pendant de longues années, là encore Malakoff a payé son tribut. Parmi ces jeunes, il y avait notre camarade Jean Clavel, disparu en mai 2023, qui fut, la Paix revenue, un élu municipal très actif et très respecté de la ville de Malakoff.
A la veille des accords d’Evian dont nous célébrons l’anniversaire, une majorité de la population française devenait acquise à l’idée qu’il était urgent de mettre fin à cette guerre injuste. La lutte du peuple algérien pour son indépendance bénéficia d’un réel soutien à partir de ce moment. Les actions entreprises dans ce sens, en France et à l’étranger, jouèrent un rôle certain dans la décision du gouvernement français d’ouvrir les négociations qui devaient aboutir, avec l’arrêt des combats, à la satisfaction du désir d’indépendance.
Dans la période qui s’ouvre, même si chaque peuple a son vécu propre, il est absolument indispensable de dépasser l’hostilité qui perdure entre les mémoires différentes.
Nous luttons pour connaître toute la vérité sur cette guerre, sur les raisons de son déclenchement, de sa durée, de sa cruauté, sur l’utilisation systématique de la torture, les exécutions sommaires, les viols, tous ces crimes commis, connus et couverts par les plus hautes autorité.. Nous agissons pour assurer les générations futures que de telles choses ne se reproduiront plus jamais. L’Etat doit reconnaitre sa responsabilité dans l’utilisation massive de la torture pendant la guerre d’Algérie, c’est le sens de l’appel que nous avons lancé, avec de nombreuses organisations le 4 mars 2024.
Nous n’acceptons pas les réécritures de la mémoire qui, aujourd’hui, blanchissent les assassins et tentent d’élever des monuments célébrant leurs actes. La France et l’Algérie ne pourront pas réellement tourner la page de la guerre, assurer la Paix et la fraternité entre leurs peuples, sans répondre à la soif de vérité des jeunes générations. Les relations culturelles, politiques et économiques entre nos deux pays exigent ce rapprochement.

Posté le 19 mars 2026 par Acca