De nouveaux prétendants frappent à la porte, à l’image de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan, dont le pays est le premier contingent de l’Otan. Cet attelage est loin de former un bloc uniforme, tant les choix idéologiques de ses membres sont contradictoires, voire diamétralement opposés. L’acronyme même des Brics est né dans l’esprit de Jim O’Neill, président de l’agence de notation Goldman Sachs Asset Management.
Cette coalition dérange tant elle bouscule les hiérarchies et les tutelles qui ont prévalu jusqu’ici. Les Brics + se plaisent à rappeler qu’ils représentent près de la moitié de la population de la planète et pèsent 35 % du PIB mondial, soit davantage que le G7.
Si cette alliance hétéroclite n’est pas un contre-pouvoir global, elle est une pierre dans le jardin des institutions financières internationales nées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les coopérations qu’elle trame mettent en cause la suprématie du dollar qui conditionne les échanges des économies en voie de développement trop souvent plombées par la prédation, l’inflation et le surendettement.
L’émergence du Sud global fait aussi bouger les plaques tectoniques sur le plan diplomatique. Ces pays veulent s’affranchir de l’hégémonie des puissances occidentales et d’un Conseil de sécurité des Nations unies qui attise les conflits à coups de mises au ban, de sanctions, de feux verts aux pires violations du droit international.
La « gestion » de la guerre en Ukraine et la complicité avec l’entreprise de destruction méthodique de Gaza illustrent cet insupportable « deux poids, deux mesures » que conspue le Sud global. La présence du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, au sommet des Brics + à Kazan légitime l’appel à un multilatéralisme renouvelé, qui fait tant défaut aujourd’hui.
source l’HUMANITE du 22 oct24